14/01/2009
le Vénézuéla expulse l'ambassadeur d'Israël
Le Venezuela a ordonné mardi l'expulsion de l'ambassadeur d'Israël à Caracas, en solidarité avec le peuple palestinien et pour protester contre l'offensive israélienne à Gaza, qualifiée de "génocide" par le président Hugo Chavez.
Photographe : Ho AFP :: Le président vénézuélien Hugo Chavez le 5 janvier 2009

"Le Venezuela a décidé d'expulser l'ambassadeur d'Israël (Shlomo Cohen) et une partie du personnel de l'ambassade d'Israël, réaffirmant son attachement à la paix et son exigence de respect du droit international", a annoncé le ministère vénézuélien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Caracas a accusé l'Etat hébreu de se livrer à de "flagrantes violations du droit international" et d'avoir mis en oeuvre une "utilisation planifiée du terrorisme d'Etat" contre le peuple palestinien.
Chef de file de la gauche radicale en Amérique latine, le président Chavez avait fustigé dès lundi l'offensive terrestre dans la bande de Gaza, qualifiant l'Etat hébreu d'"assassin" et de "génocidaire".
Dans son communiqué, le gouvernement vénézuélien a également indiqué qu'il ferait pression aux Nations Unies "pour que le Conseil de sécurité prenne des mesures urgentes pour arrêter l'invasion d'un territoire palestinien par l'Etat israélien".
"En cette heure tragique et qui suscite l'indignation, le peuple du Venezuela manifeste sa solidarité sans faille avec l'héroïque peuple palestinien", ajoute le texte qui souligne "l'horreur de la mort d'enfants et de femmes innocents".
L'offensive lancée le 27 décembre contre la bande de Gaza par l'armée israélienne a coûté la vie à au moins 660 Palestiniens et fait plus de 2.950 blessés, selon les services d'urgence palestiniens.
Le communiqué souligne que le Venezuela s'est "toujours opposé à l'antisémitisme comme à tout type de discrimination et de racisme", et adresse un "appel fraternel au peuple juif". Il lui demande de "s'opposer aux politiques criminelles de l'Etat d'Israël qui rappellent les pires pages de l'histoire du XXe siècle".
Cette expulsion "brise un lien profond qui a toujours existé entre le Venezuela et Israël", a regretté dans une interview télévisée le président de la Confédération des Associations israélites du Venezuela (CAIV), Abraham Levy, estimant cette décision "démesurée car elle ne prend pas en compte la position d'Israël".
Peu avant l'annonce de l'expulsion du diplomate, M. Chavez avait lancé que le président israélien devrait être "traduit devant la Cour pénale internationale" (CPI) de La Haye: "Le président d'Israël devrait être traduit devant la Cour pénale internationale, aux côtés du président des Etats-Unis, s'il y avait des scrupules dans ce monde", a-t-il déclaré à la presse.
Il n'a pas cité nommément le président israélien Shimon Peres, alors qu'Israël a un régime parlementaire où le pouvoir exécutif incombe au Premier ministre.
M. Chavez, qui dénonce les raids aériens sur Gaza depuis leur déclenchement, a encore jugé "lâche" l'armée israélienne pour avoir "attaqué un peuple sans défense, endormi, innocent". Israël agit "comme le bras armé de l'empire yankee", a-t-il dit en accusant les Etats-Unis de "soutenir et impulser" les attaques sur Gaza.
Ce n'est pas la première fois que le président vénézuélien intervient avec fracas dans le conflit au Moyen-Orient, où il a renforcé ses liens avec l'Iran, dont il est l'un des rares dirigeants à soutenir le programme nucléaire.
En août 2006, M. Chavez avait retiré son représentant diplomatique à Tel Aviv pour exprimer son "indignation" devant les bombardements de Tsahal au Liban. Ses propos avaient alors provoqué le départ de l'ambassadeur israélien à Caracas.
http://actu.orange.fr/articles/dossier/Le-Venezuela-expulse-l-ambassadeur-d-Israel.html
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Appel aux intellectuels du monde entier
Appel aux intellectuels du monde entier
26 décembre 2007, par Mustapha Cherif
Source : www.mustapha-cherif.net
Ce que l'Occident ne veut pas admettre.
Est-il possible d'exprimer une opinion différente de celle qui domine en Occident au sujet de la situation génocidaire en Palestine ? Apparemment, cela paraît quasi impossible. Les données sont tellement manipulées que même des personnes de bonne foi sont trompées.
Tout le monde n'est pas dupe et les manifestations internationales sont encourageantes, mais les discours officiels et médiatiques deviennent des armes d'enfermement. Ils empêchent la critique. Le système occidental, malgré la diversité de parole, impose pour certaines questions une seule manière de voir. J'appelle à nous interroger sur ce que l'Occident refuse d'admettre. A Ghaza, ce n'est pas une guerre comme les autres, ni une agression banale, mais elle a trait à l'avenir du monde. Le droit régira-t-il les relations internationales ou la loi de la jungle ?
Tout être objectif ne peut qu'être stupéfait des réactions des autorités en Occident, qui prétendent que cette agression est « défensive » et, dans le meilleur des cas, mettent sur le même plan les parties en présence, en occultant l'injustice dont souffre le peuple palestinien depuis 60 ans. Qui reconnaîtra qu'il y a des oppresseurs et des opprimés, des colonisateurs et des colonisés, des agresseurs et des agressés ? Tout appel à la paix qui ne s'accompagne pas d'un discernement et d'une dénonciation de l'injustice ne peut être entendu. Le mythe grossier d'un encerclement d'Israël ne peut plus tenir. Après des années de tergiversations – car le monde arabe est innocent des crimes commis durant la Seconde Guerre mondiale à l'égard des Juifs – en 1979, l'Egypte a signé un accord de paix. Suivie en 1996 de la Jordanie. Depuis 1991, lors de la Conférence internationale de Madrid, la volonté de paix des Arabes, basée sur le recouvrement des Territoires occupés depuis juin 1967, est évidente. En 1993, les autorités palestiniennes ont accepté le processus de paix, sans garantie d'édifier leur Etat.
Depuis, les Palestiniens survivent dans une prison à ciel ouvert, bantoustan qui forme à peine 8% des territoires qui leur reviennent. En 2002, à l'unanimité, les 22 pays arabes soumettent une solution diplomatique de normalisation, confirmée à chaque sommet. A tout cela, les USA et Israël ont toujours préféré le langage de la force et la diabolisation des musulmans. Cette tragique injustice s'est aggravée. A force d'exploitation des crimes commis par des groupes politico-religieux manipulés, poussés au désespoir et apparentés à l'Islam, l'Occident, depuis la chute du mur de Berlin en 1989, et plus encore après le « 11 septembre 2001 », s'est inventé un nouvel ennemi et pratique l'amalgame pour faire diversion aux impasses politiques. Contrairement à ce qui est colporté, l'immense majorité des musulmans, de par le monde, rejette l'instrumentalisation de la religion et l'islamisme qui sont l'anti-Islam. De plus, en Palestine, c'est un problème de colonisation. Face à la brutalité de la répression, l'attentisme de la plupart des élites et des autorités morales et religieuses, en Occident, est inadmissible.
Le pape lui-même n'intervient pas, alors que trois jours avant, à l'occasion de Noël, il appelait à la paix au Moyen-Orient. La peur et la propagande rendent-elles à ce point muet, aveugle, sourd et, partant, complice ? Les islamophobes ne mettent l'accent que sur la violence épisodique des faibles et non celle, à grande échelle et permanente, des puissants. Pire, toute critique des crimes de guerre d'Israël est assimilée à de l'antisémitisme. Terrorisme d'un puissant régime doté d'armes de destruction massive, Etat pas comme les autres, aux frontières inconnues, qui agit dans l'impunité, contre une résistance légitime, lorsqu'elle défend le droit à la vie libre et vise des forces armées d'occupation. Que faire, sachant que les régimes arabes perfides sont illégitimes, inertes ou complices ? Il s'agit de dénoncer sans relâche la barbarie que le monde occidental laisse faire, sans oublier que des non-musulmans de tous les pays sont solidaires des Palestiniens. Il est urgent d'exiger des sanctions internationales contre Israël et la traduction des responsables israéliens devant une cour de justice internationale.
Comme il y a trois ans, suite à l'agression contre le peuple libanais, tout non-musulman doit comprendre pourquoi ces carnages sont révoltants. L'actuelle guerre totale, air, terre, mer, d'une puissance militaire fascisante, avec près de 500 tués palestiniens et plus de 3000 blessés, démontre que nous sommes dans un début de « solution finale » pour liquider le peuple palestinien et, partant, de la notion de liberté dans le monde. « On n'arrêtera que quand nous aurons fini le travail », répètent les chefs de la soldatesque sioniste. Après un long blocus, c'est la continuation du Mur de l'apartheid en Cisjordanie, des exécutions extrajudiciaires, des crimes de Chabra et Chatila, de Jenine, de Naplouse... Mener des représailles féroces, préméditées et préparées de longue date, contre des opérations dérisoires de très faibles amplitudes comme le lancement de roquettes, par des actions de guerre totale et de destruction massive, prouve que ce qui compte ce n'est pas le prétexte mais un projet de domination. Les pays européens ferment les yeux et demandent aux victimes, coupées du monde et réduites à des conditions inhumaines, de reconnaître leur bourreau. Cette politique inique est vouée à l'échec. A Ghaza, les Palestiniens unis résistent et se battent. Les soutenir, c'est défendre la dignité humaine et notre propre devenir.
Quelle folie que cette guerre perpétrée par Israël. Comment des sionistes peuvent-ils croire que c'est en semant la mort et la haine et en maintenant un peuple sous un déluge de feu qu'ils obtiendront la paix et la sécurité ? Le sioniste ne semble pouvoir vivre que dans le bellicisme. Ce sont les prophètes bibliques qui sont trahis, c'est le judaïsme qui est trahi. Tout comme le Prophète est trahi à chaque fois qu'un « islamiste » tue un innocent. Même si son idéologie est contestable, le problème n'est pas « Hamas », mouvement de résistance, choisi démocratiquement par les Palestiniens, qui n'a jamais commis d'attentat en dehors du territoire de l'occupant, rien ne fera plier la volonté de liberté des Palestiniens.
Un million de résistants renaîtront des cendres de Ghaza. Sans justice, il ne saurait y avoir de paix. L'impunité détruit l'image de l'Occident moderne et creuse la tombe de l'actuel « ordre mondial ». Que les êtres épris de justice assument leurs responsabilités. Sinon, plus rien n'aura de valeur. Quel est le refoulé de cette guerre que l'Occident ne veut pas voir ? Qui a pris le monde en otage ? Avant que l'humanité ne sombre, dites-le nous
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Père Noël d'Israël
Souviens-toi, aviateur d'Israël,
En ce vingt-sept décembre
Lorsque, lâchant tes bombes,
Tu massacres femmes et enfants,
Victimes innocentes de Gaza,
Gaza blessée, gaza détruite,
Souviens-toi que ton grand-père,
Ta grand-mère, ta grand tante,
il y a soixante cinq ans,
Là-bas, à Auchwitz et Tréblinka,
Furent, eux aussi, massacrés,
Réduits en cendres par milliers.
Souviens-toi, citoyen d'Israël,
Que des criminels furent pendus,
Jugés à Nuremberg,
Ceux-la même qui massacrèrent
Ceux de ta propre famille
Le crime a changé de camp
Petit fils de victimes innocentes
Te voici criminel à ton tour :
Souvenez-vous, gouvernants de France
Qui, jadis, capitulant à Munich,
Avez laissé les loups entrer dans Paris.
Aujourd'hui les loups sont dans le ciel de Gaza
Et,demain, des meutes entières y rentreront.
Réveillez-vous gens d'ici et d'ailleurs
Réveillez-vous gens de partout
Le peuple de Palestine assassiné
Vous appelle !
Jean-Claude Koutchouk – 28 décembre 2008 -
France
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Le bombardement de Gaza
Le pilonnage de Gaza par l'aviation israélienne a provoqué la mort de plusieurs centaines d'hommes, de femmes et d'enfants, auxquels s'ajoutent des milliers de blessés. Cette nouvelle agression doit être fermement condamnée par le mouvement ouvrier international. Elle constitue une nouvelle preuve du caractère ultra-réactionnaire de la classe dirigeante israélienne, qui condamne la masse des Palestiniens à vivre dans des conditions absolument insoutenables, enfermée dans les territoires dits « autonomes » comme des rats dans une cage. En tant que marxistes, nous nous opposons à toutes les formes d'oppression, y compris l'oppression nationale. Nous soutenons les aspirations des Palestiniens et leur lutte contre l'oppression que leur inflige l'impérialisme israélien.
Le retrait israélien de Gaza était un mouvement tactique destiné à renforcer l'étau sur la Cisjordanie. Suivant une stratégie du « diviser pour mieux régner », les impérialistes américains et européens avaient suspendu l'aide au gouvernement du Hamas – qui, quoiqu'on en pense, a été démocratiquement élu – et ont restauré l'aide financière pour la Cisjordanie et leur agent Abbas, à qui ils fournissent les armes nécessaires à la répression des militants palestiniens.
Le but du pilonnage de Gaza est d'affaiblir la position du Hamas – mais produit l'effet inverse. Les attaques israéliennes vont de pair avec un renforcement des opérations répressives menées, en Cisjordanie, par le gouvernement de Mahmoud Abbas. Abbas – qui, dans les faits, est un agent de l'impérialisme américain et israélien – défend l'idée d'un « règlement pacifique et négocié » de la question palestinienne. Cette perspective est totalement illusoire, comme le montre l'expérience de plusieurs décennies, et comme le rappellent, de la manière la plus cynique et la plus brutale, les raids aériens déclenchés le 27 décembre, ainsi que la menace d'une nouvelle intervention terrestre. Aucune issue favorable à la lutte pour l'émancipation des Palestiniens n'est possible, sur la base du capitalisme. Aucune paix durable n'est possible, non plus. Sous la domination de l'impérialisme israélien, la « meilleure » perspective possible est celle de « trêves » temporaires, ponctuées par de nouvelles interventions militaires meurtrières.
Dans de nombreux pays du Moyen-Orient, la classe ouvrière reprend le chemin de la lutte. On l'a vu avec les impressionnantes vagues de grève en Egypte, mais aussi au Maroc, en Tunisie, en Jordanie, au Liban et en Israël même. Il est essentiel que la jeunesse révolutionnaire de Palestine comprenne que son émancipation exige la mise en œuvre d'une politique de classe. Le nationalisme ne mène qu'à l'impasse. L'idée que la société israélienne est un seul bloc réactionnaire ne correspond à aucune réalité. D'ailleurs, si tel était le cas, la cause du peuple palestinien serait définitivement perdue. Mais en Israël, il y a des riches et des pauvres, des exploiteurs et des exploités, comme dans n'importe quel autre pays. Il faut travailler à la construction de liens entre les révolutionnaires de Palestine et les masses israéliennes, juives et arabes. A plus d'une reprise, par le passé, il y a eu des signes clairs que le message des territoires occupés trouvait un écho parmi les masses d'Israël. A l'époque du massacre des Palestiniens au Liban, il y avait d'énormes manifestations de protestation, en Israël. Et lors de la première Intifada, il y avait une effervescence évidente dans la société israélienne, y compris dans les forces armées.
La tactique du Hamas – les attentats-suicide et les tirs de roquette contre des civils israéliens – est mauvaise parce que contre-productive. A chaque civil israélien tué, l'armée israélienne tue beaucoup plus de Palestiniens. Le terrorisme individuel n'a aucun impact sur la machine militaire israélienne. Par contre, il aide considérablement la classe dirigeante et l'Etat israéliens. En poussant les masses vers l'Etat sioniste, cette tactique renforce cela même qu'elle prétend détruire.
Nous nous battons pour une révolution socialiste au Moyen-Orient, en Iran, dans le Golfe et en Afrique du Nord. Nous luttons contre l'impérialisme – l'ennemi principal de tous les peuples. Mais nous luttons aussi contre le capitalisme et la grande propriété terrienne. Nous sommes opposés au fondamentalisme religieux, du côté juif comme du côté musulman. Nous sommes pour l'union de tous les travailleurs dans une lutte pour la création d'un Fédération Socialiste du Moyen-Orient.
Il faut chercher à diviser Israël suivant une ligne de classe et briser ainsi la domination du sionisme réactionnaire. Certes, dans les circonstances actuelles, une telle position n'est pas facile à défendre. Mais nous devons expliquer patiemment les idées du socialisme et de l'internationalisme. Elles ne seront entendues que par une minorité, dans l'immédiat, mais ce ne sera pas toujours le cas. Du fait de l'impasse du nationalisme et de la dégradation constante des conditions de vie, de part et d'autres des frontières, ces idées finiront par rencontrer un écho massif.
*
Manifestation, à Paris, le samedi 3 janvier 2009, à partir de 15H (départ à République, direction l'ambassade d'Israël).
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01/01/2009
Compte Rendu du Séminaire de Faugères
Assemblée constitutive de Fratri Mundi Languedoc Roussillon et séminaire des cadres des OING Africa et Fratri Mundi
Samedi 17 Novembre 2007 à FAUGERES
Compte rendu des travaux
Sous la présidence de Jacques VILLARD, Président Fondateur de l’OING AFRICA et Président de la Confédération Intercontinentale FRATRI MUNDI, se sont tenus l’assemblée constitutive de Fratri Mundi Languedoc Roussillon et un séminaire des cadres des deux organisations.
Accueil des 19 participants à 10h au Palais Bacchus.
Sont représentés :
Le Bureau National d’AFRICA,
Le Bureau National de la Fédération FRATRI MUNDI France,
Les Fédérations Régionales FRATRI MUNDI Paca, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées,
L’association France - Cap-Vert.
LES INTERVENTIONS D’OUVERTURE :
1. 10 heures : Jacques VILLARD, Président de la Confédération Fratri Mundi et Président Fondateur d’Africa.
Dans son discours de bienvenue, le président VILLARD, souligne que les deux ONG ont pour vocation la paix et la solidarité dans le monde, en particulier en Afrique pour AFRICA.
Elles ont pour objectifs principaux :
*La construction d’un développement durable au sein même des pays concernés.
*La mise en place permanente d’une coopération décentralisée sans faille entre les différentes fédérations autour de jumelages.
*La lutte contre la fracture numérique.
*La réalisation de microprojets d’assistance et de développement.
Il évoque les diverses personnalités internationales qui soutiennent notre action et, au premier chef : Son Excellence Agbéyomé Messan KODJO, Ancien Premier Ministre et Président de l’Assemblée Nationale de la République togolaise, Vice-président d’Honneur d’Africa et Président d’Honneur de Fratri Mundi.
Le Premier Ministre s’est d’ailleurs rendu à FAUGERES au mois de septembre dernier où il fut reçu par la municipalité conduite par le Maire de la commune, Madame Martine BRUN.
Il rappelle que l’objectif principal de cette journée est de parvenir à un accord entre nos deux organisations autour d’un projet partenarial mais aussi de mettre en place des structures communes en augmentant ainsi leurs moyens humains, techniques et financiers.
Il rappelle quelles sont les valeurs qui conduisent nos actions : bâtir des relations fraternelles directement avec des familles, des hommes répartis en Afrique comme dans le reste du monde, agissant dans tous les domaines de l’activité humaine.
2. 10 heures 30 : Diéyi MASAMUNA, Délégué Général de la Fédération FRATRI MUNDI France auprès de la Confédération Intercontinentale
Monsieur le Délégué Général insiste sur notre philosophie dont les principes sont intangibles :
* L’Homme est au centre de nos préoccupations, et de notre combat pour la promotion universelle de la Dignité Humaine,
* Notre action passe par la mise en application de la solidarité, de la fraternité et de l’égalité, valeurs sans lesquelles la liberté n’est qu’un vain mot,
* L’Etre humain est un maillon incontournable entre la tradition et le progrès.
3. 11 heures : Paul Olivier HOCH, Vice- Président de la Confédération Intercontinentale FRATRI MUNDI
Monsieur le Vice- Président, en charge de la présidence du Collège des Experts, met en avant la grande importance pour nos organisations de bénéficier d’outils informatiques performants et de rentrer pleinement dans les nouvelles techniques de l’information et de la communication.
La réduction de la fracture numérique passe par un investissement humain et matériel.
Il faut initier une notion de réseau qui incarne notre volonté de partage.
Chaque fédération aura un espace ouvert sur le site Fratri Mundi et devra bénéficier du matériel approprié.
Chaque fédération bénéficiera d’un transfert de compétences dans l’administration du site internet.
Une bonne gestion du paysage informatique est essentielle pour nos ONG.
4. 11 heures 30 : Marc ROTGE-RIBES, Secrétaire Général de la Confédération Intercontinentale FRATRI MUNDI et d’Africa
Monsieur le Secrétaire Général a évoqué les liens anciens et les expériences communes avec le Président VILLARD et renouvelé sa totale confiance aux membres des deux organisations pour les nouveaux enjeux qui se présentent à nous.
Il a rappelé aux cadres présents qu’une rigueur sans faille devait présider à l’administration des fédérations.
D’autant plus que la création de FRATRI MUNDI entraîne des réactions venues de tous les horizons auxquelles il est indispensable de répondre avec discernement.
Une discipline dans l’organisation est demandée aux secrétaires généraux fédéraux :
* Envoi du courriel à des adresses précises mises en place par le SGI
* Segmentation obligatoire selon le domaine intéressé de tous les documents et courriels internes
* Rapports mensuels d’activités des fédérations
* Mise en chantier de fichiers informatisés pour les messageries et la gestion des adhérents.
Le Secrétaire Général rappelle que seul le Haut Comité Diplomatique est en charge des relations internationales. Les Fédérations en contact avec l’étranger doivent en infirmer le HCD et demander l’aval du Président avant de poursuivre les relations.
Ces contacts doivent obligatoirement figurer dans le fichier HCD.
5. 12 heures : RECEPTION DE MADAME MARTINE BRUN, MAIRE DE FAUGERES
Madame le Maire de Faugères nous a fait le plaisir et l’honneur de nous rendre visite.
Elle a été applaudie par l’ensemble des participants.
Son intervention de bienvenue a touché chacun de nous.
Après une présentation de la commune dans cette région viticole historique, elle a remercié le Président VILLARD des projets à initier entre la commune et nos ONG.
Cette rencontre s’est achevée par un Vin d’Honneur offert par le bureau d’Africa.
Les travaux de la matinée se sont conclus par un excellent repas que nous devons à Monique VILLARD, en particulier, ainsi qu’à Maguy SENDRA.
Tous les participants ont salué unanimement la qualité des prestations offertes tout au long de la journée.
6. 14 heures : COMMISSIONS
Création immédiate de trois commissions de travaux qui demeureront des commissions permanentes sous la responsabilité des Présidents élus.
Les Présidents devront présenter un rapport sur les résultats obtenus, au prochain séminaire :
* Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication, sous la Présidence de Paul Olivier HOCH,
* Développement et Structuration de Fratri Mundi, organisation de ses relations avec AFRICA (Protocole de Faugères), sous la Présidence de Marc ROTGE-RIBES,
* Relations Internationales des deux organisations, sous la Présidence de Jacques VILLARD.
Commission des Relations Internationales
Fratri Mundi et Africa inscrivant leur action dans le cadre de la Charte des Nations-Unies, il importe que ces deux OING soient reconnues par l’O.N.U et, en particulier, par la commission C.O.N.G.O.
Les deux OING, participant aux travaux des commissions des Nations-Unies obtiendront ainsi une certaine reconnaissance internationale.
Les fédérations nationales, regroupées dans la confédération intercontinentale Fratri Mundi , doivent être au nombre de huit minimum pour que la Confédération puisse prétendre à la représentativité.
Les statuts des Fédérations Nationales doivent être identiques de même que leurs appellations respectives (Fratri Mundi France, Fratri Mundi Maroc, Fratri Mundi Liban, Fratri Mundi Brésil, Fratri Mundi Vanuatu, etc…).
Les jumelages doivent être encouragés. La coordination des jumelages est confiée au Secrétaire Général.
Lors de la visite de Son Excellence le Premier Ministre KODJO à FAUGERES, un projet de jumelage entre la commune languedocienne et son village natal de TOKPLI au TOGO fut mis en chantier. Ce projet entraîne d’autres volontés de coopération entre la région Languedoc-Roussillon et le Togo. Ces projets de jumelage seront initiés et soutenus par les deux ONG.
Commission des NTIC
Lancement d’un bulletin de liaison en interne pour l’ONG. Il est décidé de reprendre et de développer le bulletin de la fédération de Midi-Pyrénées : L’ALOES.
Une plaquette est prévue et doit faire l’objet d’une étude. Elle doit résumer les principes fondateurs de notre action et servir de passeport auprès du public et des médias.
Enfin, un Manifeste doit être rédigé.
Une commission Communication est créée sous la direction conjointe de Paul Olivier HOCH et de Marc ROTGE-RIBES.
Une formation de deux jours sera dispensée dans chaque fédération par Olivier HOCH, afin de trouver des personnes relais qui puissent gérer et administrer l’espace du site Fratri Mundi sur Internet.
Les fédérations s’engagent à présenter, dans les plus brefs délais, deux personnes pour suivre cette formation.
Le lancement d’un espace « Commerce Equitable » sur le site Internet de Fratri Mundi dans le cadre de la boutique créée par Paul Olivier HOCH.
Cet espace devra présenter des produits dont la traçabilité « équitable » sera réelle et apparente sur le packaging. Nous devons rechercher chez nos amis d’Afrique et du monde des producteurs qui répondent à ces exigences.
Commission Organisation Interne
Le Secrétaire Général invite les secrétaires des fédérations au respect le plus strict des segmentations pour l’envoi des courriels.
Un rapport d’activité mensuel de chaque fédération est demandé afin de réaliser pour la Présidence, un bilan de l’évolution de l’organisation.
Un temps minimum mais régulier doit être consacré à l’administration de chaque secrétariat.
La lecture des boites mails doit être régulière.
Un contact permanent est souhaité avec le SGI
Chaque fédération devra se doter d’un matériel identique surtout en ce qui concerne les en-têtes sur les documents.
Chaque Fédération devra parrainer une Fédération voisine.
Le Secrétaire Général est chargé de mettre en place rapidement les Fédération régionales suivantes : Paca, Aquitaine, Ile-de-France, Rhône-Alpes, Nord-Pas-de-Calais, Bretagne, etc… dans cet ordre prioritaire.
Les contacts internationaux des fédérations sont du ressort exclusif du Haut Comité Diplomatique.
Les Conseils spécialisés et les Fédérations thématiques seront mis en place avant le prochain séminaire.
7. 15 heures 30 : PROTOCOLE DE FAUGERES
Un protocole est élaboré entre l’ONG AFRICA et la Confédération FRATRI MUNDI :
Il prévoit :
* Le transfert des sièges d’Africa et de Fratri mundi Languedoc-Roussillon à Faugères,
* La tenue des Assemblées Générales de ces deux structures à Faugères,
* La mise en commun des différents moyens humains, techniques et financiers,
* L’organisation de Jumelages entre différentes structures territoriales, culturelles et sociales,
* La construction de projets sociaux et culturels en commun,
* Le développement des NTIC,
* La mise en place de manifestations culturelles communes.
Ce protocole est adopté à l’unanimité. Il sera communiqué à Madame le Maire de Faugères.
8. 17 heures : VISITE DU CAVEAU des GRANDS CRUS de FAUGERES
Dégustation, Convivialité, Fraternité, trois manifestations de chaleur humaine qui nous ont permis de passer un moment agréable et de déguster de grands crus.
9. 18 heures 30 : REUNION DE SYNTESE
Chaque rapporteur de Commission présente les conclusions des travaux tels que reportés ci-dessus.
10. 20 heures : CLOTURE DU SEMINAIRE
Allocutions fraternelles et remerciements du Président Jacques VILLARD
Le Président
Jacques VILLARD
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L’Etincelle depuis longtemps éteinte d’Herschl Grynszpan
C'est l'histoire d'un immigré clandestin, un très jeune homme de 17 ans, mais qui en aurait aujourd'hui 87, si son étincelle n'avait été prématurément soufflée.
Il ne venait ni d'Algérie, ni du Sénégal, ni de Chine ou de Turquie., c'était un Européen, un Polonais. Plus exactement un Juif Polonais et en 1938, cela signifie qu'il était peu de chose, un « luftmensch » balloté par le vent mauvais de l'Histoire par delà les frontières.
Le 7 novembre, Herschl Grynszpan entre vers 10 heures du matin dans une armurerie, au Faubourg St Martin, achète un revolver, puis se dirige vers l'Ambassade du IIIe Reich, dans le quartier Solferino. Annonçant qu'il se propose de remettre des documents confidentiels et importants, il est reçu dans un bureau par le légat Ernest Vom Rath.
Ce qui fut dit entre les deux hommes est incertain et le restera sans doute, les deux étant morts.
Quelques instants plus tard, le jeune homme abat le diplomate de plusieurs balles. Maitrisé il sera remis à la police Française, à laquelle il déclare avoir dit à Vom Rath, « Sale boche et au nom des 12 000 Juifs polonais persécutés et déportés, voici mon document, » (sur quoi il fit feu à 5 reprises).
Se confiant à un commissaire de police Grynszpan ajoutait, « Je viens de tuer un homme, je ne le regrette pas. Je l'ai fait pour venger mes parents » (L'odyssée d' Herschel Grynszpan," Praeger Publishers, 1990)
Transporté d'urgence à la clinique de l'Alma, Vom Rath resta quelques heures entre la vie et la mort, les médecins tentant l'impossible pour le sauver. Il semble qu'Hitler averti de l'attentat dépêcha par avion son chirurgien personnel.
Mais ce fût en vain et Vom Rath meurt le 9 novembre tandis que la propagande nazie se déchaine contre « l'Internationale Juive ». la nuit qui suivit entrera tristement dans l'Histoire sous le nom de « Nuit de Cristal ».
Sur tout les territoires Allemands et Autrichiens, des hordes excitées, menées par les S.A,(sections d'assaut) dévastent les bâtiments, les synagogues, les commerces, les entreprises Juives, pénètrent de nombreux domiciles.
7000 magasins sont détruits. Les S.A. tuent plusieurs centaines de victimes, violent et brutalisent. 30 000 Juifs sont déportés en camp de concentration.
Quelques jours plus tard des funérailles nationales ont lieu pour Vom Rath en présence d'Hitler et de principaux dirigeants nazis.
Ce sont les nazis eux-mêmes qui ont chois de baptiser « Nuit de cristal » les évènements du 8 et 9 novembre. Un nom délibérément choisi pour masquer les meurtres, déportations et violences physiques en les ramenant à du verre brisé, de telle sorte que seule demeure une connotation matérielle, vaguement humiliante.
Qui donc a organisé la nuit de cristal ?
C'est Goebbels, le ministre de la Propagande qui a été le principal instigateur. Le 8 dans le quotidien du parti nazi, le Völkischer Beobachter, il appelé au meurtre et à la vengeance. Son appel est réitéré dans un meeting nazi à Munich le soir de la mort de Rath. Dans son discours il appelle à des « manifestations spontanées ».
Hitler présent mais qui a quitté la salle auparavant ne désavoue pas Goebbels, sans s'associer directement. On l'a entendu dire que « Les S.A. devaient bien être autorisés à s'en donner à cœur joie. »
Cependant le pogrom brutal du 9 et 10 novembre est source d'embarras pour les nazis. L'image du IIIe Reich est fortement dégradée en Angleterre et aux Etats-Unis, où l'ambassadeur Allemand note que même dans l'influente et traditionnellement bienveillante communauté germano-américaine une défiance s'installe.
Himmler, chef de la SS n'est pas à l'origine du mouvement mais il a profité du pogrom pour donner l'ordre d'envoyer plusieurs dizaines de milliers de Juifs vers ses camps de concentration. Lucide, il n'est pas tendre envers Goebbels qu'il méprise.
Raul Hilberg, un des grands Historiens de la Shoah cite dans son monumental ouvrage, « la Destruction des Juifs d'Europe » un mémorandum dicté par Himmler pour ses archives :
« L'ordre a été donné par la direction de la Propagande, et je soupçonne, avec la soif de pouvoir que je lui connais depuis longtemps et aussi avec sa cervelle creuse, d'avoir lancé cette opération, juste à un moment où la situation internationale est très grave… »
Une réunion est organisée au plus vite avec Goering et Hitler.
D'autre part les conséquences économiques sont importantes. Le jeu des assurances impose des indemnisations importantes. Goering s'emporte contre une action irresponsable. Aucune sympathie pour les Juifs ne le motive bien sûr, mais ministre de l'économie, il s'inquiète d'une dégradation de l'économie.
Goebbels est en position d'accusé. Il propose que ce soit les Juifs qui paient pour les dégâts commis. Solution cynique, révoltante et mafieuse qui convient parfaitement aux dirigeants nazis.
Mais Goebbels avait espéré mettre la main sur les fonds ainsi collectés, son plan est vite déjoué et Goering obtient que l'argent rançonné soit dirigé vers les caisses du ministère de l'économie.
Goebbels a perdu et ne retrouvera avant longtemps toute son influence. Il faudra pour cela la grande crise de 1944, l'attentat contre Hitler et la mobilisation fanatique de la guerre outrance.
Plus que jamais les Nazis veulent expulser les Juifs hors d'Allemagne. Des débats confus autour d'expulsions forcées et transitoirement de la création de Ghetto agitent les dirigeants nazis.
Ces expulsions avaient déjà commencées avant la Nuit de Cristal !
Car qu'en est-il du motif de Grynszpan ? Lorsque le jeune émigré Juif proclame avoir voulu venger les 12000 Juif polonais brutalisés et déportés d'Allemagne, dont ses parents, il fait allusion à un précédent sinistre des grandes déportations.
Le 27 octobre, quinze jours avant le meurtre de Vom Rath, les nazis avaient engagé une grande opération de déportation des Juifs Polonais présents en Allemagne. Il ne s'agissait ni plus ni moins que de les expulser sans délais et en abandonnant leurs biens vers la Pologne.
La famille d'Herschl Grynszpan faisait partie de ces déportés.
Mais comme le narre Hilberg : « le gouvernement polonais ne manifestait guère d'empressement à récupérer ces citoyens. Le 6 octobre déjà les autorités Polonaises avaient publié une ordonnance aux termes de laquelle, les détenteurs de passeports Polonais se trouvant à l'étranger se verraient refuser l'entrée en Pologne après le 29 Octobre si les passeports en question n'étaient apasvisés par un inspecteur… »
Or des milliers de Juifs étaient acheminés en wagons plombés vers la ville frontière de Zbonszyn.
« Les Polonais s'interposèrent. Les convois s'immobilisèrent dans un no man's land entre des cordons de police Allemands et Polonais. Les Allemands comprirent vite qu'ils avaient fait une sinistre erreur de calcul. Arrivant en sens inverse des trains remplis de Juifs Allemands résidant en Pologne filaient vers la frontière. »
Du côté Allemand, d'autre Juifs sont amenés vers le no man's land au terme de sanglante marches forcées.
Martin Gilbert, autre éminent Historien de la Shoah, rapporte dans « The Holocaust » le témoignage de Zyndel Grynszpan, le propre père du jeune Juif émigré meurtrier du diplomate nazi Vom Rath :
« Le 27 Octobre vers 8 heures du soir, un policier nous a dit de rassembler nos affaires et de le suivre..
Il y avait là plus de 600 personnes qui criaient et se lamentaient. …Ils nous ont amené, au bord du fleuve Leine et nous ont laissé dehors près de 24 heures. Puis des camions sont arrivés et ils nous ont amené vers la gare. Les rues étaient noires de gens criant, « Les Juifs en Palestine »
Le train nous aconvoyé jusqu'à Neubeschen sur la frontière germano-polonaise. Nous étions samedi matin. Des Juifs venus de toutes l'Allemagne, Cologne, Leipzig Bremen, Essen,.. plus de 12 000 personnes.
Lorsque nous avons atteint la frontière, nous avons été fouillés. Les Allemands délestaient tous ceux qui avaient plus de 10 marks, criant « Vous n'avez pas apporté plus en Allemagne, vous ne pouvez pas gardé plus ! »
Nous étions gardé par des S.S. qui nous ont fait marché plusieurs kilomètres, nous lacérant avec des fouets. Ceux qui trainaient étaient sévèrement battus et il y avait du sang qui coulait sur la route. Nos bagages étaient fracassés. C'était la première fois que je fus témoin d'un comportement barbare de la part des Allemands.
Ils se sont mis à crier « Courrez, courrez, courrez! » Je tombais dans le fossé. Mon fils Mordechaï m'a dit « Cours Papa, où ils vont te tuer ! »
Finalement les Polonais laissèrent entrer quelques milliers de Juifs… Polonais, vers la ville de Zbonszyn.
C'est là que Zindel Grynszpan écrivit une lettre pour son fils en France relatant les évènements et qui devait déclencher la colère de son fils.
Parmi les témoins de cet événement du côté Polonais, un jeune Historien Juif, Emmanuel Ringelblum, venu de Varsovie apporté de la nourriture et des secours au nom de l'American Jewish Joint Distribution Committee (JOINT).
Ringelblum devait plus tard devenir l'indispensable archiviste de la vie dans le ghetto de Varsovie. Déporté et assassiné lui-même il avait eu l'intelligence de cacher ses archives et chroniques au fur et à mesure dans des bidons de lait et d'enterrer ceux-ci. Plusieurs d'entre eux furent retrouvés après la guerre.
Que devint Herschl Grynszpan ? Arrêté par la police Française et emprisonné en attente de son jugement, il devait être surpris par la guerre éclair de 1940. La police Française, au terme des infamantes clauses d'armistice et notamment de celle concernant les antifascistes étrangers sur le sol Français, devait le remettre aux autorités Allemandes.
Malgré une tentative d'évasion et une cavale de plusieurs jours, Herschl Grynszpan fut remis à la Gestapo.
Il ne fut pas tué tout de suite et devait même être relativement « bien traité ». En effet les nazis préparaient un grand procès de propagande qui aurait mis en évidence le complot Juif Mondial, fantasme suprême du IIIe Reich.
Le modèle de ce procès pour Goering était clairement les grands procès de Moscou de 1937 qui avaient tant impressionné les dirigeants nazis.
Mais ils avaient compté sans Herschl Grynszpan qui se montra plus coriace que nombre de Vieux Bolcheviques Russes.
En effet Grynszpan adopta une défense surprenante, peut-être inspiré par son avocat Parisien, le célèbre Moro-Giafferi qui aurait pu le conseiller avant son transfert en Allemagne. Il revendiqua directement un mobile passionnel, arguant d'une relation homosexuelle avec Vom Rath. Mieux il prétendit avoir consenti à ces relations parce que Vom Rath lui aurait promis un visa de sortie d'Allemagne vers la France pour sa famille.
Tactique ou vérité, cette défense eut pour effet d'amener immédiatement l'abandon du procès. Le sort du jeune homme reste depuis un mystère. La conclusion des Historiens est qu'il fut assassiné dans les mois qui suivirent. De vagues rumeurs improbables prétendent qu'il aurait survécu.
Quant aux relations intimes avec Vom Rath, elles ne convainquent pas les historiens et la thèse est rejetée. Toutefois ce n'est pas non plus impossible, Vom Rath ayant la réputation d'être un homosexuel.
Grynszpan acceptant des rapports afin d'obtenir un visa pour ces parents, cela ne serait infamant que pour Vom Rath.
Petit épilogue : après la Nuit de Cristal, les nazis furent plus que jamais pressé d'expulser les Juifs, mais peu de pays acceptait de les recevoir.
Von Ribbentrop, le ministre nazi des Affaires Etrangères prit contact avec son collègue Français, Georges Bonnet. Selon les notes prises par Ribbentrop, Bonnet aurait déclaré :
« Les Français ne désirent plus accueillir de Juifs venant d'Allemagne et demanda si nous ne pouvions pas prendre les mesures nécessaires pour les empêcher de venir en France, et que la France devait expulser 10 000 Juifs étrangers ailleurs. Il songeait à Madagascar. Je répondis à Bonnet que nous voulions tous être débarrassés de nos Juifs, mais que la difficulté tenait au fait qu'aucun pays ne voulait les accueillir. »
Cet échange inspira à Hitler le commentaire ironique suivant :
« C'est un spectacle honteux que d'observer comment le monde démocratique se repend en larmes de pitié mais ensuite,…ferme son cœur au malheureux peuple Juif torturé ! »
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Barack Obama et les Autres Pères Fondateurs
Les nombreuses questions de politique étrangère que laissent en suspens l'élection de Barack Obama, vis à vis de l'Iran, du Venezuela, de la Russie ou de la Syrie, quant à la guerre en Irak comme au conflit Afghan, n'ôtent rien à la dimension historique de son élection.
Le fait qu'un homme Noir devienne président des Etats-Unis est un événement de l'Histoire. De façon subtile, la campagne électorale a peu souligné cet aspect. Obama a été élu indépendamment de sa couleur de peau et pourtant celle-ci est une évidence. De telle sorte que le fait que l'Amérique se donne un Président Noir, est presque plus remarqué dans le reste du monde que dans son propre pays. Ou du moins c'est ce qu'il paraît.
Car dans le cas de l'élection d'Obama, paradoxalement, « Color is more than just skin deep ! » Pour les Etats-Unis, pour le peuple Américain, c'est une page de l'Histoire et un symbole capable de relancer le rêve Américain.
Bien au-delà de la couleur de peau du nouveau Président, c'est une longue et profonde parenthèse ouverte par l'oubli volontaire des Noirs dans la Constitution des Pères Fondateurs, qui se referme enfin.
Pour cela il fallait sans doute un symbole. Le fait que la Constitution soit revenue sur cet abandon, que le « Civil Right Act » de 1965 ait mis fin à la ségrégation qui sévissait encore dans le Sud, quand le 44e Président était encore un petit enfant. 1965 ne créait qu'une possibilité lointaine et comme théorique. Elle ne suffisait pas à refermer la parenthèse.
L'Amérique cette grande nation qui est la deuxième patrie de tous ceux qui chérissent la Liberté, brille encore plus depuis quelques jours. Non que John Mc Cain n'eut fait un bon Président ou que George Bush vilipendé de toute part, ne trouve demain devant le tribunal de l'Histoire un jugement qui paraitrait aujourd'hui surprenant.
On oublie d'ailleurs qu'avant un Président Noir, il y eut un juge Noir à la Cour Suprême Thurgood Marshall, nommé en 1967 par Lyndon B Johnson, puis un second avec Clarence Thomas, nommé par George H W Bush en 1991.
Il y a eu aussi un Chef d'Etat Major des Armées Noir, en la personne de Colin Powell, qui devint aussi le premier Secrétaire d'Etat Noir, avant que ne lui succède une femme Noire, Condoleeza Rice.
On ne peut passer sur le fait que ces deux nominations soient dues à George W Bush, car elles ont fait beaucoup pour préparer l'opinion à l'idée d'un Président Noir.
Dans son remarquable premier discours de futur Président, dans la nuit du 4 Novembre, Barack Obama est revenu subtilement sur l'Histoire des Etats-Unis, « Comme le disait Lincoln a une nation beaucoup plus divisée que la nôtre, « Nous ne sommes pas des ennemis, mais des amis, bien que la passion ait affecté nos liens affectifs, elle ne doit pas les briser… »
L'esclavage fut aboli en 1865 par le 13e Amendement à la Constitution, mais il fallut un siècle de plus pour mettre fin à la ségrégation.
Aussi la parenthèse qui se referme élargit aussi la liste de ceux qui furent encore à leur façon des Pères Fondateurs des États-Unis.
Si les Français connaissent bien sûr Martin Luther King et peut-être Rosa Parks qui défia la ségrégation absurde et obscène obligeant les Noirs à s'assoir au fond des bus, ils ignorent le plus souvent les noms de Sojourner Truth, Frederick Douglass, Booker T Washington et Ida B Wells.
Sojourner Truth est le nom que s'attribua Isabella Baumfree, une abolitionniste et féministe Américaine, elle même née esclave en 1797. Sojourner Truth, célèbre pour son discours « Ain't I a Woman ? » prononcé à la convention des Femmes dans l'Ohio en 1851. Sojourner Truth, remarquablement faisait le lien entre l'abolition de l'esclavage et l'égalité des droits pour les femmes.
Quelques années plutôt, elle eut l'occasion de rencontrer Frederick Douglass un abolitionniste, Noir et radical qui était aussi un partisan du Droit des Femmes et fut le premier Noir à se présenter comme candidat à la Vice Présidence des Etats-Unis en 1872.
Douglass, lui aussi né en esclavage connut le fouet mais cet homme exceptionnel se forgea aussi en autodidacte une éducation et des convictions fortes sur les Droits de l'homme et la Liberté.
Echappé de la servitude, réfugié à New-York, Frederick Douglass rencontre William Lloyd Garrison, dont le journal The Liberator est le flambeau des Abolitionnistes, auquel il va participer activement.
Son autobiographie, « Narrative of the Life of Frederick Douglass, an American Slave » publiée en 1845 devient un bestseller et est édité à 11 000 exemplaires, puis traduite en Français et en Néerlandais.
Alors que la Guerre Civile approche Douglass devient l'éditeur d'un journal le North Star, dont la devise proclame ses convictions, « "Right is of no Sex — Truth is of no Color — God is the Father of us all, and we are all brethren. »
Il s'éloigne des positions de Garrison, opposant déclaré de la Constitution, jugée esclavagiste et se rapproche de Lysander Spooner, anarchiste individualiste qui proclame au contraire que c'est l'esclavage qui est anticonstitutionnel.
Douglass acquiert la conviction que la Constitution peut donc être retournée contre la servitude.
Ce changement, sinon le rapproche de Lincoln, du moins lui donne de l'action du nouveau Président un autre regard.
Après le 31 décembre 1962, quand Lincoln proclama l'émancipation des esclaves, Douglass pressentant la dimension exceptionnelle de l'événement, écrit superbement , « Nous regardions et espérions, à la lumière faible des étoiles, l'aube d'un jour nouveau. Nous attendions la réponse aux prières angoissées récitées depuis des siècles »
Encourageant les Noirs à s'engager dans l'armée de l'Union, réclamant pour ces soldats une solde identique aux soldats Blancs, collaborant avec Lincoln, le félicitant lorsque celui-ci proclame que les prisonniers sudistes seront condamnés aux travaux forcés si les soldats Noirs de l'Union faits prisonniers sont vendus en esclavage, Douglass est actif tout au long de la guerre.
Pourtant Frederick Douglass était bien plus radical que le Président. Lincoln était un homme d'état décidé mais prudent. Douglass était à juste titre beaucoup plus impatient quant à l'abolition de l'esclavage et l'égalité des Droits. La rencontre entre les deux hommes eut lieu en 1864.
Invité après l'assassinat de Lincoln à s'exprimer de façon impromptue, lors d'un mémorial, Douglass, après avoir souligné les hésitations de Lincoln, ajoute « … Aucun homme Noir, Aucun homme Blanc partisan de la Liberté, ne pourra jamais oublié la nuit qui suivit la proclamation de l'émancipation, quant le monde vit que Lincoln était aussi bon que les mots de ses discours… »
Pourtant à l'esclavage succéda la ségrégation particulièrement dans les Etats du Sud et lorsque Frederick Douglass meurt à Washington en 1895, les Codes Noirs puis les lois « Jim Crow » restreignent drastiquement les droits des Noirs et annulent la Liberté récemment acquise ou la parodie tristement au nom du développement séparé. Elles continueront de le faire jusqu'au Civil Right Act de 1964 et au Voting Right Act de 1965.
Booker T Washington était aussi né en esclavage et le T de son nom était l'initial de Tallifiero, le nom de son maître.
Dans son autobiographie « Up from Slavery », celui qui fut après la guerre, puis au tournant du siècle un des principaux défenseurs des droits des Noirs, niés par les lois Jim Crow, écrit en se souvenant de son denier jour de servitude,
« Comme ce grand jour approchait, il y avait plus de chants parmi les esclaves et ceux-ci étaient plus forts et joyeux. Aussi ils duraient plus tard dans la nuit. La plupart des vers faisaient référence à la Liberté…. Un étranger qui était je pense un officier des Etats-Unis vint et fit un petit discours, puis lut un long texte, la Proclamation de l'Emancipation (celle de Lincoln, dont parlait justement Frederick Douglass).
Après la lecture, il nous fut annoncé que nous étions tous Libres et que nous pouvions nous rendre où bon il nous semblait. Ma mère qui se tenait près de moi, se pencha, m'embrassa, tandis que des larmes coulaient sur ces joues. Elle expliqua ce que cela signifiait et qu'était arrivé le jour pour lequel elle avait tant prié, tout en craignant de ne jamais le voir… »
L'autobiographie de Booker T Washington connut aussi un grand retentissement et son auteur fut invité à la Maison Blanche par Theodore Roosevelt en 1901.
Mais le combat de Booker T Washington était emprunt non de résignation mais de patience. Une patience tenace qui peut nous sembler aujourd'hui naïve. Un long combat pour la reconnaissance des Noirs et les premières batailles juridiques contre les lois Jim Crow, comme le cas de Gilles vs Harris en 1903.
Cette affaire qui illustre le contexte de l'époque et pour laquelle Booker T Washington contribua financièrement aboutit pourtant à la confirmation des discriminations au droit de vote, fondées légalement sur les tests d'alphabétisation, qui bien sûr écartait des scrutins surtout les Noirs du Sud.
Depuis 1903, un long chemin a été parcouru en trop de temps, et n'aurait peut-être pas abouti sans la volonté transformatrice et l'action de masse de Martin Luther King et le Mouvement des Droits Civiques.
En effet la Liberté, « Liberty et Freedom », n'est pas une valeur conservatrice. Lorsqu'Obama entrera à la Maison Blanche, non comme visiteur mais comme Président, sans doute songera t'il à ces autres « Pères Fondateurs » qui voulaient que la Liberté soit disponible pour tous.
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Milan Kundera et les Guêpes Mortes
Dans un monde en crise, dont la croyance en ses valeurs était déjà ébranlée, la calomnie, les accusations sans preuves ou infondées se multiplient.
Le dernier épisode atteint Milan Kundera, l'écrivain tchèque auteur de « la Plaisanterie » et « la Vie est ailleurs », dissident du régime stalinien. Selon une accusation complaisamment relayée, il y a 50 ans, l'étudiant Milan Kundera aurait dénoncé auprès de la police politique, Miroslav Dvoracek, un ex soldat tchèque passé à l'ouest et recruté par les services secrets Américains.
Dvoracek fut condamné à 21 ans de prisons et fut détenu 14 ans dont plusieurs années de travail forcé dans une mine d'uranium. Le parallèle est évident avec l'intrigue de la Plaisanterie dont un des personnages, Ludvik Jahn, est exclu du parti communiste après avoir été dénoncé par son ami Pavel.
Pour une plaisanterie Ludvik est condamné aux travaux forcés dans les mines. Avant de se demander si la fiction s'inspire de la réalité ou si le mensonge et la calomnie s'écrivent en plagiant la fiction. Il faut d'abord dire que Milan Kundera clame haut et fort son innocence « Je suis totalement pris au dépourvu par cette chose à laquelle je ne m'attendais pas du tout, de laquelle je ne savais rien hier encore, et qui n'a pas eu lieu » Dans une tribune publiée dans le monde du 24 Octobre les historiens Pierre Nora et Krzysztof Pomian prennent utilement la défense de l'écrivain.
La république Tchèque, la Pologne et les autres pays de l'ex bloc soviétique ont eu une fâcheuse tendance, connue sous le principe de lustration à prendre sans recul les archives des polices staliniennes, au risque des plus grossières calomnies et infamies.
En Pologne Walesa et Geremek eurent maille à partir avec de douteuses enquêtes mémorielles. Comme l'écrivait Shakespeare dans Hamlet « Il n'est pas de vertu que la calomnie ne sache atteindre ! »
Pourtant cette affaire illustre bien plus que les dérives des nouvelles démocraties d'Europe de l'Est. La présomption d'innocence, un des fondements du droit libéral et des sociétés démocratiques est régulièrement mis à mal dans la presse occidentale, dont le pouvoir dévastateur est immense.
Ainsi Le Monde, publiant le 13 octobre la dépêche AFP, relatant la mise en cause de Kundera insérait en titre d'un des paragraphes la phrase choc :
"AUCUNE ILLUSION SUR LUI EN TANT QU'ÊTRE HUMAIN"
Cette accusation terrible était extraite d'une citation de la femme de Miroslav Dvoracek, qui précisait par ailleurs qu'elle ne savait pas qui avait dénoncé son mari. Le Monde a-t-il bien réfléchi avant de mettre ainsi en exergue une accusation aussi dévastatrice. Le Monde peut-il faire son examen de conscience ?
Dans cette affaire le Monde oublie de préciser que nulle par la signature de Milan Kundera ne se trouve dans l'archive de la police le mettant en cause.
D'autre part le récit policier lui-même est étrange. Le 14 mars 1950 à 4 heures de l'après midi, la police est avertie que Miroslav Dvoracek a laissé le matin une valise chez une étudiante Iva Militka et va passer la reprendre dans l'après midi. Celle-ci ayant informé son petit ami Miroslav Dlask, celui-ci se serait confié à Milan Kundera, et ce dernier se serait empressé de prévenir à la Police.
Or une autre source semble mettre en cause Miroslav Dlask qui aurait agi par jalousie ou pour protéger sa petite amie.
Les sociétés Libres n'ont que difficilement compris les mécanismes psychologiques dévastateurs des sociétés totalitaires, la destruction morale à laquelle était soumis les individus.
Le dernier piège du stalinisme consiste-t-il à dénigrer les ex dissidents en prenant pour argent comptant les archives de police et en relayant celles-ci. On songe aux guêpes mortes dont le dard pique l'imprudent qui marche dessus.
Un nouveau procès kafkaïen à Prague, par Pierre Nora et Krzysztof Pomian LE MONDE | 24.10.08
"Imaginez qu'un jour vous appreniez par voie de presse qu'on vous accuse d'un crime que vous êtes censé avoir commis il y a plus de cinquante ans et dont la seule "preuve" est un document trouvé dans les archives de la police politique qui sévissait à l'époque.
Ce document est présenté comme si c'était parole d'évangile, vos accusateurs faisant entièrement confiance à leurs sources policières dont la véracité a été, on le sait, établie au-dessus de tout soupçon au cours de quelques procès mémorables. Aujourd'hui, on ne peut plus vous traîner devant un tribunal chargé de prononcer la peine capitale.
Mais on peut toujours vous faire un procès devant le tribunal de l'opinion et vous condamner, sans que vous puissiez vous défendre, à une infamie que vos procureurs espèrent indélébile. C'est une histoire kafkaïenne, celle de Monsieur K.
C'est celle de notre ami Milan Kundera. Son cas nous touche, comme s'il nous concernait nous-mêmes. Mais nous voulons non seulement lui exprimer notre solidarité et notre admiration, ou lui conseiller d'écrire une autre Plaisanterie, cette fois sinistre.
Nous voulons aussi poser une question de fond. La République tchèque est membre de l'Union européenne. Elle est un Etat de droit.
Comment est-il possible alors que les documents des services de sécurité staliniens puissent servir à étayer des accusations rendues publiques sans que ces documents aient été soumis à une critique minutieuse, et avec le mépris total des principes du droit, à commencer par la présomption d'innocence ?
Comment est-il possible que ces services de sécurité soient considérés comme crédibles et que leurs propos aient gardé entier leur pouvoir de nuisance ?
Comment est-il possible qu'au nom de la lutte contre le totalitarisme on reconduise les pratiques totalitaires ? La République tchèque n'a pas, hélas, le monopole de tels agissements. Il en va de même en Pologne où l'on a lancé une campagne de calomnies contre Lech Walesa.
Dans ces deux pays, peut-être aussi ailleurs, les opportunistes d'hier et les frustrés d'aujourd'hui s'en prennent aux autorités qu'elles soient artistiques, intellectuelles ou morales pour les détruire, en utilisant les bombes à retardement plantées naguère par les serviteurs zélés du "socialisme réel".
Et pour ouvrir ainsi la voie à des forces populistes, nationalistes et autoritaires. Serions-nous en train de voir s'instaurer une Europe non pas "à deux vitesses" mais à deux étages de droit, celui qu'il faut respecter à l'Ouest et celui qu'il est permis de bafouer à l'Est ? Il n'y a pas d'"affaire Kundera". Mais il existe bel et bien une affaire des moeurs politiques et judiciaires dans quelques pays de l'Union européenne."
Pierre Nora est historien, membre de l'Académie française.
Krzysztof Pomian est historien, directeur de recherches au CNRS.
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Vaclav Havel, de la Charte 77 à Prague à la Charte 08 ...
Vaclav Havel, rédacteur de la charte 77 (de l'année de sa rédaction) qui devait devenir la plateforme de l'opposition Tchécoslovaque à la dictature communiste, puis principal animateur de la Révolution de Velours et premier Président de la nouvelle république libre instaurée en 1989, appelle à soutenir l'opposition Chinoise regroupée depuis décembre autour de la charte 08.
En cette année anniversaire de la déclaration universelle des Droits de l'Homme, l'appel de plusieurs milliers d'opposants Chinois marque une avancée spectaculaire de l'opposition. Décembre 2008 deviendra peut-être une date clef dans l'histoire de la Chine.
Quelle preuve plus manifeste de l'universalité de la Liberté que l'appel de ces courageux opposants. Parmi eux, Liu Xiaobo, un intellectuel dissident vétéran des rassemblements de la place Tien An men en 1989, déjà embastillé plusieurs fois, et qui aurait été arrêté sur ordre personnel du président Hu Jintao.
Les Signataires Chinois de la Charte 08 ont besoin de nous par Vaclav Havel
"En janvier 1977, un grouper de citoyens Tchécoslovaques, dont j'ai eu le privilège de faire partie publia la Charte 77. Ce document était notre appel en faveur d'une meilleure protection des droits civils et politique de la part de l'Etat. Il exprimait aussi notre conviction qu'en tant que citoyens, nous avions la responsabilité d'engager le gouvernement afin de garantir par notre vigilance que nos droits les plus élémentaires seraient protégés.
En publiant la Charte 77, nous ne souhaitions pas créer un mouvement basé sur des adhérents, mais plutôt comme je l'écrivais alors, « une communauté ouverte, informelle et libre regroupant des gens de différentes convictions, religions et professions unis par la volonté d'agir individuellement et collectivement pour faire respecter les droits de l'Homme et les droits Civiques, dans notre pays et le dans le monde entier. »
Plus de trois décennies plus tard, en Décembre 2008, un groupe de citoyens Chinois a érigé nos modestes efforts en modèle. Ils viennent de lancer un appel similaire à la Charte 77, en faveur des Droits de l'Homme et d'une meilleure gouvernance, en faveur du droit des citoyens de surveiller leur gouvernement, afin que leur Etat respecte les règles d'une société ouvert et moderne.
Le document qu'ils ont écrit est impressionnant. Les auteurs de la Charte 08 demandent une protection des droits essentiels, une indépendance accrue de la justice et une démocratie législative.
Mais ils ne s'arrêtent pas là. Les années ayant passées, nous réalisons qu'une société Libre et ouverte exige plus que la protection des Droits essentiels. Aussi les signataires de la Charte 08 demandent à juste titre une meilleure protection de l'environnement, al fin de la fracture entre les villes et les campagnes, une meilleure protection sociale et un effort sincère pour reconnaître les abus causés aux Droits de l'Homme dans le passé.
Les premiers signataires, qui sont plus de trois cents, proviennent de tous les secteurs de la société et de la Chine, une preuve de plus de l'audience élargie des idées que contient la Charte. Parmi eux se trouvent des juristes et des politologues éminents, des économistes réputés et des personnalités en vue des arts et des sciences.
Leur décision de signer la Charte n'a pas été prise à la légère, aussi leur teste ne doit pas être considéré comme secondaire. Depuis sa publication, plus de 5000 homes et femmes ont ajoutés leurs noms.
La Chine de 2008 n'est pas la Tchécoslovaquie de 1977. Sous de nombreux aspects la Chine aujourd'hui est plus Libre que ne l'était mon pays il y a 30 ans. Et pourtant, la réponse des autorités Chinoises à la Charte 08 ressemble à celle du gouvernement Tchécoslovaque face à la Charte 77.
Plutôt que d'accepter notre proposition de dialogue et de débat, le gouvernement Tchécoslovaque préféra la répression. Il arrêta quelques signataires, interrogea et harcela les autres, rependant de fausses informations sur notre mouvement et nos buts.
De même le gouvernement Chinois décline l'invitation au dialogue des signataires de la Charte 08. Et au contraire, il vient d'emprisonner deux des signataires Lu XIaobo et Zhang Zuhua, considérés comme des meneurs. Le second a été libéré mais Liu, un écrivain réputé est toujours détenu au secret et sans accusation formelle.
Des douzaines d'autres ont été interrogés et des centaines sont surveillés par des agents de la sécurité d'Etat qui interceptent leurs communications téléphoniques et leurs e-mails.
Peu après la publication de la Charte 77, je fus arrêté sous l'accusation « de crimes sérieux contre les principes de la République » Il est à craindre que Mr Liu soit accusé « d'incitation à la subversion du pouvoir de l'Etat », un crime du même acabit.
Je suis attristé de la tournure que prennent ces événements et mes pensées vont à l'épouse de Liu Xiaobo, Liu Xia, qui n'a pas encore eu la possibilité de parler à son mari. Le gouvernement Chinois devrait pourtant tirer les leçons de la Charte 77 : les intimidations, les campagnes de dénigrement et la répression ne peuvent se substituer à un vrai dialogue.
La Libération immédiate et inconditionnelle de Liu Xiaobo indiquerait que Pékin à compris la leçon. »
Texte de la Charte 08 reprise depuis le site de Rue 89
Introduction
"Cent ans ont passé depuis la rédaction de la première constitution chinoise. 2008 marque également le 60ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme, le 30ème anniversaire de l'apparition du "Mur de la démocratie" à Pékin, et le 10ème anniversaire de la signature par la Chine du Pacte international des droits civiques et politiques [des Nations Unies, ndlr].
Nous approchons également du 20ème anniversaire du massacre des manifestants étudians favorables à la démocratie sur la place Tiananmen.
Le peuple chinois, qui endure un désastre en matière de droits de l'homme et a mené d'innombrables luttes au fil de ces années, voit clairement que la liberté, l'égalité, et les droits de l'homme, sont des valeurs universelles de l'humanité, et que la démocratie et un gouvernement constitutionnel constituent un cadre fondamental pour préserver ces valeurs.
En s'éloignant de ces valeurs, l'approche du gouvernement chinois vis-à-vis de la "modernisation" s'est révélé désastreuse. Elle a privé le peuple de ses droits, détruit sa dignité et corrompu le cours normal des relations humaines.
Alors nous posons la question: où va la Chine au XXIème siècle? Poursuivra-t-elle sa "modernisation" autoritaire, ou épousera-t-elle les valeurs universelles, rejoindra-t-elle le lot commun des nations civilisées et bâtira-t-elle un système démocratique ? Il n'est pas possible d'éluder ces questions.
Le choc de la rencontre avec l'Occident sur la Chine du XIX° siècle a mis à nu le système autoritaire décadent et marqué le début de ce qu'on appelle généralement "les plus grands changements qu'ait connu la Chine en plusieurs millénaires". Un mouvement d'auto-renforcement" a suivi, mais qui avait surtout pour objectif de récupérer les technologies permettant de fabriquer des navires de guerre et autres objets occidentaux. La défaite maritime humiliante de la Chine face au Japon en 1895 n'a fait que confirmer l'obsololescence du système chinois.
Les premières tentatives d'introduire des réformes politiques ont eu lieu lors des malheureuses réformes de l'été 1898, mais celles-ci ont été écrasées sans ménagement par les ultraconservateurs au sein de la cour impériale.
Avec la révolution de 1911, qui a permis de créer la première République d'Asie, le système autoritaire impérial vieux de plusieurs siècles était censé avoir été envoyé aux oubliettes pour l'éternité. Mais le conflit social à l'intérieur de notre pays, ainsi que les pressions extérieures, ont empêché qu'il en soit ainsi: la Chine se divise en fiefs de seigneurs de la guerre et le rêve de la République s'évanouit.
Le double échec de ce "mouvement d'auto-renforcement" et de la rénovation politique ont amené nos ancêtres à se poser la question d'une éventuelle "maladie culturelle" qui aurait frappé notre pays. Ce questionnement donna naissance, lors du mouvement du 4 mai à la fin des années 1910, au courant exaltant "la science et la démocratie". Mais cette tentative échoua elle-aussi, sous les coups de butoir des seigneurs de la guerre et de l'invasion japonaise [à partir de 1931 en Mandchourie] provoquant une crise nationale.
La victoire sur le Japon, en 1945, donna une nouvelle chance à la Chine d'évoluer vers un gouvernement moderne, mais la victoire communiste sur les Nationalistes lors de la guerre civile plongea la Chine dans le totalitarisme. La "nouvelle Chine" née en 1949 proclama que "le peuple est souverain", mais mit en place un système dans lequel c'est le Parti qui est tout puissant.
Le Parti communiste chinois prit le contrôle de tous les organes de l'Etat, toutes les ressources économiques, politiques et sociales du pays, et a provoqué une longue succession de désastres sur le plan des droits de l'homme, y compris la "campagne anti-droitiers" (1957), le "Grand bond en avant" (1958-1960), la "révolution culturelle" (1966-1969), le "massacre du 4 juin (Tiananmen)" (1989), ainsi que la répression actuelle de toutes les religions non-autorisées, la suppression du mouvement "weiquan" [mouvement de défense des droits civiques tels qu'énoncés dans la constitution chinoise et dans le Protocole de l'ONU signé par le gouvernement chinois, ndlr].
Pendant toute cette période, le peuple chinois a payé un prix colossal. Des dizaines de millions de personnes ont perdu leur vie, et plusieurs générations ont vu leur liberté, leur bonheur, leur dignité humaine cruellement foulés aux pieds.
Au cours des deux dernières décennies du XX° siècle, la politique de "réforme et ouverture" du gouvernement a soulagé le peuple des effets de la pauvreté et du totalitarisme de l'ère de Mao Zedong, et a eu pour effet d'améliorer le niveau de richesse et les conditions de vie de nombreux Chinois, ainsi que le rétablissement partiel de la liberté économique et des droits économiques.
La société civile a commencé à se développer, et les appels en faveur de plus de droits et de libertés politiques se sont également multipliés. Alors que l'élite au pouvoir a elle-même opéré un glissement vers la propriété privée et l'économie de marché, elle est progressivement passée d'un refus absolu de tout "droit", à la reconnaissance partielle de ceux-ci.
En 1988, le gouvernement chinois a signé deux importants pactes internationaux sur les droits de l'homme; en 2004, il a amendé la Constitution pour y inclure la phrase "respecter et protéger les droits de l'homme"; et cette année, en 2008, il s'est engagé à promouvoir un "plan national d'action en faveur des droits de l'homme".
Hélas, la majeure partie de ces progrès politiques ne sont pas allés plus loin que le papier sur lequel ils étaient écrits. La réalité, qui est visible à l'oeil nu, est que la Chine a de nombreuses lois mais pas d'Etat de droit, elle a une Constitution mais pas de gouvernement constitutionnel. L'élite au pouvoir continue de s'accrocher à son pouvoir autoritaire et à repousser toute évolution vers des changements politiques.
Le résultat est une corruption officielle endémique, un affaiblissement de tout Etat de droit, des droits de l'homme faibles, l'effondrement de toute éthique publique, un capitalisme de copinage, des inégalités croissantes entre riches et pauvres, le pillage des ressources naturelles, ainsi que de notre environnement historique et humain, et l'exacerbation d'une longue liste de conflits sociaux, y compris, dans la dernière période, une animosité croissante entre les gens ordinaires et les officiels.
Alors que ces conflits et ces crises gagnent en intensité, alors que l'élite au pouvoir continue à écraser et à bafouer en toute impunité les droits des citoyens à la liberté, à la propriété et à la quête du bonheur, nous assistons à une radicalisation de ceux qui n'ont pas de pouvoir au sein de la société: les groupes vulnérables, les groupes qui ont été réprimés, qui ont cruellement souffert, y compris de la torture, et qui n'ont aucun espace pour protester, aucun tribunal pour entendre leur plainte.
Ces groupes sont de plus en plus militants, et laissent entrevoir la possibilté d'un conflit violent pouvant prendre des proportions désastreuses. Le déclin du système actuel a atteint un niveau auquel le changement ne peut pas être une simple option.
Nos principes fondamentaux
C'est un moment historique pour la Chine, et notre avenir est en suspens. En revoyant le processus de modernisation politique du siècle écoulé, nous réaffirmons et acceptons les valeurs universelles de base qui suivent:
La Liberté. La liberté est au centre des valeurs humaines universelles. La liberté d'expression, la liberté de la presse, la liberté de se réunir, la liberté d'association, la liberté du lieu de résidence, la liberté de faire grève, de manifester, de protester, font partie des formes que prend la liberté. Sans liberté, la Chine restera éternellement éloignée des idéaux civilisés.
Les droits de l'homme. Les droits de l'homme ne sont pas octroyés par un Etat. Toute personne nait avec son droit inhérent à la liberté et à la dignité. Le gouvernement existe pour assurer la protection des droits de l'homme de ses citoyens. L'exercice du pouvoir de l'Etat doit être autorisé par le peuple. La succession de désastres politiques dans l'histoire récente de la Chine est une conséquence directe du manque de restect du régime actuel pour les droits de l'homme.
L'égalité. L'intégrité, la dignité et la liberté de toute personne -quelle que soit sa situation sociale, sa profession, son sexe, sa condition économique, son origine ethnique, la couleur de sa peau, sa religion ou ses convictions politiques- doivent être les mêmes pour tous. Le principe d'égalité devant la loi, et l'égalité des droits sociaux, économiques, culturels, civiques et politiques, doit être respecté.
Le Républicanisme. Le Républicanisme, qui prône que le pouvoir soit équilibré entre ls différentes branches du gouvernement et les intérêts différents, doit être respecté. Il s'approche du concept politique traditionnel chinois qui estime que "tous sont égaux sous le ciel".
Il permet à tous les groupes d'intérêt et aux assemblées sociales, aux gens de cultures ou de croyance différentes, d'exercer leur propre gouvernement de manière démocratique, et de délibérer pour parvenir à des solutions pacifiques à toutes les questions d'intérêt public, sur la base d'un accès égal au gouvernement, et d'une concurrence libre et honnête.
La Démocratie. Les principes fondamentaux essentiels de la démocratie sont que le peuple est souverain et qu'il choisit son gouvernement. La Démocratie a les caractéristiques suivantes:
1) le pouvoir politique est issu du peuple, et la légitimité d'un régime vient du peuple;
2) Le pouvoir politique est exercé à travers les choix faits par le peuple;
3) Les détenteurs des principales fonctions officielles au sein du gouvernement sont déterminés dans des élections régulières et ouvertes à la concurrence;
4) Tout en respectant la volonté de la majorité, la dignité fondamentale, la liberté et les droits de l'homme des minorités sont protégés.
En d'autres termes, la démocratie est le moyen moderne de parvenir au "pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple".
Ce que nous préconisons
L'autoritarisme est en déclin dans le monde. En Chine aussi, le pouvoir des empereurs et des seigneurs est en train de s'achever. Il est temps de faire que partout les citoyens soient les maîtres de leurs Etats.
Pour la Chine, le chemin qui conduit vers la sortie de notre sort actuel est de nous libérer du concept autoritaire de la dépendance vis-à-vis d'un "seigneur éclairé" ou d'un "officiel honnête", et de nous tourner vers un système de liberté, de démocratie, d'Etat de droit, et vers l'émergence d'une conscience de citoyens modernes pour qui les droits sont fondamentaux, et la participation un devoir.
Dès lors, dans cet esprit de devoir en tant que citoyens constructifs et responsables, nous faisons les recommandations suivantes sur la gouvernance nationale, les droits des ditoyens, et le développement social:
1) Une nouvelle Constitution Nous devons réviser notre Constitution actuelle, en retirer les clauses qui contredisent le principe selon lequel la souveraineté est détenue par le peuple. Et nous devons la transformer en un document qui garantisse véritablement les droits de l'homme, autorise l'exercice du pouvoir public, et serve de cadre légal à la démocratisation de la Chine. La Constitution doit être la loi suprême du pays, ne pouvant être violée par tout individu, groupe ou parti politique.
2) La séparation des pouvoirs Nous devons bâtir un système moderne de gouvernement dans lequel la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire soit garantie. Nous avons besoin d'une Loi administrative qui définisse l'étendue des responsabilités du gouvernement et garantisse contre les abus de pouvoir administratifs. Le gouvernement doit être responsable devant les contribuables.
La division des pouvoirs entre les gouvernements des provinces et le gouvernement central devrait respecter le principe selon lequel le gouvernement central détient tous les pouvoirs qui lui sont spécifiquement conférés par la Constitution, et tous les autres appartiennent aux gouvernements locaux.
3) Une démocratie législative Les membres des organes législatifs à tous les niveaux devraient être choisis dans des élections directes, et la démocratie parlementaire devrait respecter des principes justes et impartiaux.
4) Une magistrature indépendante L'Etat de droit doit être au-dessus des intérêts d'un parti politique particulier, et les juges doivent être indépendants. Nous devons créer une Cour suprême constitutionnelle et créer des procédures d'examen le plus rapidement possible. Nous devons abolir tous les Comités politiques et légaux qui permettent aujourd'hui aux cadres du Parti communiste de décider de tous ls cas sensibles en dehors du cadre judiciaire. Nous devons interdire formellement l'usage de fonctions publiques à des fins privées.
5) Le contrôle public des fonctionnaires L'armée doit être responsable devant le gouvernement, pas devant un parti politique, et doit être professionnalisée. Les militaires doivent prêter serment sur la Constitution et rester neutres. Les partis politiques doivent être interdits dans l'armée. Tous les serviteurs de l'Etat, y compris la police, doivent servir de manière non-partisane, et la pratique actuelle qui consiste à favoriser un parti politique dans le recrutement doit cesser.
6) La Garantie des droits de l'homme Il doit y avoir des garanties strictes sur le respect des droits de l'homme et de la dignité humaine. Il doit y avoir un Comité des droits de l'homme, responsable devant l'organe législatif suprême du pays, qui veillera à empêcher le gouvernement d'abuser de son pouvoir en matière de droits de l'homme. Une Chine constitutionnelle et démocratique doit garantir la liberté individuelle de ses citoyens. Personne ne doit être victime d'arrestations, de détentions, d'interrogatoires ou de punitions illégales. Le système de "rééducation par le travail" doit être aboli.
7) L'élection des officiels Il doit y avoir un système complet d'élections démocratiques basé sur le principe "une personne, une voix". L'élection directe des responsables administratifs à tous les niveaux, du conté, de la ville, de la province ou du pays, doit être systématisée. Le droit d'avoir des élections régulières et d'y participer en tant que citoyen est inaliénable.
8) Egalité villes-campagnes Le système d'enregistrement des zones de résidence doit être aboli. Ce système favorise les résidents urbains au détriment des habitants des zones rurales. Nous devons créer un système qui accorde les mêmes droits constitutionnels à tous les citoyens et leur accorde la même liberté d'habiter où ils veulent.
9) Liberté d'association Le droit des citoyens à former des organisations doit être garanti. Le système actuel pour la reconnaissance des organisations non-gouvernementales, qui exige qu'elles soient "approuvées", doit être remplacé par un simple système d'enregistrement.
La formation de partis politiques doit être régie par la Constitution et les lois, ce qui signifie qu'il fait mettre fin au privilège spécial accordé à un parti qui a le droit de monopoliser le pouvoir, et nous devons garantir le principe d'une concurrence libre et égale entre tous les partis politiques.
10) Liberté de réunion La Constitution doit prévoir que les réunions pacifiques, les manifestations, protestations, et la liberté d'expression sont des droits fondamentaux des citoyens. Le parti au pouvoir et le gouvernement ne peuvent pas être autorisés à soumettre ces droits à des obstacles illégaux et inconstitutionnels.
11) Liberté d'expression Nous devons rendre universels la liberté d'expression, la liberté de la presse, et la liberté universitaire, afin de permettre aux citoyens d'exercer pleinement leur droit d'être informés et d'exercer leur droit à la supervision politique. Ces libertés doivent être garanties par une Loi sur la presse qui abolisse toutes les restrictions politiques imposées à la presse. Le crime d'"incitation à la subversion contre le pouvoir de l'Etat", qui existe actuellement dans la loi chinoise, doit être aboli. Nous devons cesser de considérer les mots comme des crimes.
12) Liberté religieuse Nous devons garantir la liberté religieuse et de foi, et instaurer la séparation de la religion et de l'Etat. Il ne doit pas y avoir d'ingérence du gouvernement dans les activités religieuses pacifiques. Nous devrions abolir toute loi, décret ou règlement local qui limite ou interdit la liberté religieuse des citoyens. Nous devrions abolir le système actuel qui exige l'accord préalable de l'Etat pour tout groupe religieux ou tout lieu de culte, et le remplacer par un système où l'enregistrement devrait être optionnel, et, pour ceux qui choisissent de s'enregistrer, automatique.
13) Education civique Nous devrions abolir dans nos écoles les programmes d'éducation politique et les examens qui s'y rattachent, et qui constituent un endoctrinement idéologique des élèves en faveur du soutien à un parti politique. Nous devrions les remplacer par de l'éducation civique, qui fasse la promotion des valeurs universelles et des droits des citoyens, développe la conscience civique, et fasse la promotion de valeurs civiques qui servent la société.
14) Protection de la propriété privée Nous devrions établir et protéger le droit à la propriété privée, et promouvoir un système économique de marché libre et honnête. Nous devrions abolir les monopoles gouvernementaux sur le commerce et l'industrie, et garantir la liberté de créer de nouvelles entreprises.
Nous devrions créer un Comité des entreprises d'Etat, responsable devant le Parlement, qui supervisera le transfer de la propriété de l'Etat vers le secteur privé d'une manière honnête, concurrentielle, et ordonnée. Nous devrions mettre en oeuvre une réforme agraire qui favorise la propriété privée de la terre, qui garantisse le droit d'acheter et de vendre la terre, et permettre à la véritable valeur de la propriété privée de se réléter dans le marché.
15) Réforme financière et fiscale Nous devrions créer un système de finances publiques régulé de manière démocratique, et redevable, de manière à protéger les droits des contribuables, et respectueux de procédures établies. Nous avons besoin d'un système dans lequel les revenus d'un certain niveau de gouvernement -central, provincial, dictrict ou local- soient contrôlés à ce niveau.
Nous avons besoin d'une réforme fiscale qui abolira tout impôt injuste, simplifiera le système fiscal, et répartira le fardeau fiscal de manière juste. Les représentants du gouvernement ne devraient pas être en mesure de d'augmenter les taxes ou de créer de nouveaux impôts sans débat public et approbation d'une assemblée démocratique. Nous devons réformer le système de propriété afin de permettre une concurrence plus grande sur le marché.
16) Sécurité sociale Nous devrions introduire un système adapté et juste de sécurité sociale pour tous les citoyens, et assurer l'accès de tous à l'éducation, à la santé, à la retraite et au travail.
17) Protection de l'environnement Nous devons protéger notre environnement naturel, et promouvoir un développement qui soit durable et responsable vis-à-vis de nos descendants et du reste de l'humanité. Cela signifie que les responsables gouvernementaux, à tous les niveaux, non seulement s'engagent à faire tout ce qui est possible pour atteindre ces objectifs, mais acceptent la supervision et la participation des organisations non-gouvernementales.
18) Une république fédérale Une Chine démocratique devrait agir comme une puissance responsable contribuant à la paix et au développement dans la région Asie-Pacifique, traitant avec les autres dans un esprit d'égalité et de honnêteté. A Hong Kong et à Macao, nous devrions soutenir les libertés qui y existent déjà.
En ce qui concerne Taiwan, nous devrions proclamer notre engagement en faveur des principes de la liberté et de la démocratie, et ensuite négocier d'égal à égal, prêts au compromis, afin de rechercher une formule d'unification pacifique.
Nous devrions nous pencher sur les conflits dans les zones des minorités nationales de Chine avec une ouverture d'esprit, en cherchant le cadre opérationnel dans lequel tous les groupes ethniques ou religieux pourraient se développer. Nous devrions viser, à terme, l'établissement d'une fédération de communautés démocratiques de Chine.
19) La vérité dans la réconciliation. Nous devrions rétablir la réputation de individus, y compris celle de leurs familles, qui ont souffert de persécutions politiques dans les campagnes politiques du passé, ou qui ont été traités de criminels en raison de leurs pensées, de leurs déclarations, ou de leur foi. L'Etat devrait leur payer des compensations.
Tous les prisonniers politiques ou prisonniers de conscience devraient être libérés.
Il devrait y avoir une Commission d'enquête Vérité, chargée d'établir les faits concernant les injustices et les atrocités passées, de déterminer les responsabilités, rétablir la justice, et, sur cette base, permettre la réconciliation sociale.
La Chine, en tant que pays important du monde, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, membre de la Commission des droits de l'homme de l'ONU, devrait contribuer à la paix de l'humanité, et à promouvoir les droits de l'homme. Hélas, nous sommes aujorud'hui la seule puissance parmi les principaux pays, qui reste prisonnier d'un concept politique autoritaire.
Notre système politique continue de produire des désastres en matière de droits de l'homme et des crises sociales, ce qui, non seulement handicape le développement de la Chine, mais limite également le progrès de l'humanité entière. Cela doit changer, vraiment. La démocratisation de la Chine ne peut plus être retardée.
Dès lors, nous osons mettre en avant un esprit civique en annonçant la naissance de la Charte 08. Nous espérons que nos concitoyens ressentiront le même sentiment de crise, de responsabilité et de mission, qu'ils soient au service du gouvernement ou pas, et quel que soit leur statut social, qu'ils mettront de côté leurs petites différences, et accepteront les objectifs généraux de ce mouvement citoyen.
Ensemble, nous pouvons travailler en faveur de changements majeurs dans la société chinoise, et pour l'établissement rapide d'un pays libre, démocratique, et constitutionnel.
Nous pouvons donner corps à ces idéaux et objectifs qui ont été ceux de notre peuple depuis plus de cent ans, et ouvrir la voie à un nouveau chapitre brillant pour la civilisation chinoise."
14:54 Publié dans FM - ASIA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Après Wall Street, vous Reprendrez bien un peu de Soci...
L'effondrement des bourses indique que non seulement les économies occidentales, mais aussi celles des pays « émergents » vont connaître une période de récession.
Celle-ci pourrait même être une dépression, terme par lequel on peut entendre une récession particulièrement sévère et prolongée.
Ce risque qui nous éloigne d'une crise plus passagère comme celle de 2001, et nous rapproche du spectre de 1929-1932 pose inévitablement la question d'un possible effondrement politique et moral.
Nous en sommes loin, mais les alliances rouges, brunes, vertes esquissées ces dernières années et qui voient se rencontrer extrême gauche, islamistes fascisants et parfois extrême droite pourraient revenir avec une vigueur qui leur permettraient de sortir de la marginalité politique.
La prochaine création d'un Nouveau Parti Anticapitaliste par la LCR, stratégie trotskyste classique de large rassemblement au-delà des textes doctrinaires, bénéficie d'un troublant capital de sympathie et d'un remarquable timing.
Nul n'a encore songé à questionner Olivier Besançenot sur la société anti capitaliste qu'il se propose de construire. La crise financière rend bien sûr les journalistes timides et perplexes quant au capitalisme. Le flou entretenu par Besançenot et non dissipé par les médias lui permet de se présenter à la fois comme une gauche radicale mais finalement électorale voire réformiste et de préserver une perspective révolutionnaire et totalitaire.
L'épisode Rouillan l'illustre à merveille. Jean Marc Rouillan, ancien dirigeant du groupe Action directe est plus crument l'assassin l'ingénieur général René Audran en 1985 ainsi que celui du Président de Renault Georges Besse en 1986.
Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de dix-huit ans. Cette période de sûreté s'est achevée en février 2005, il a été élargi depuis décembre 2007 et a annoncé en accord avec les dirigeants de la LCR sa volonté de rejoindre le NPA de Besançenot.
Evidemment Rouillan ne renie rien de son passé et n'exprime aucun remords. Mieux détournant habilement l'interdiction qui lui est faite de s'exprimer sur le sujet, il indique qu'il n'a pas ou peu changé, le 1er octobre dans L'Express il affirmait : « Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que, si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer.…»
Par cette triste capacité qu'ont les Etats a créer de la confusion avec les législations répressives et leur application, on ne peut, ni admettre la libération conditionnelle de cette assassin, ni comprendre qu'une fois libre le fait qu'il s'exprime suffise à suspendre sa semi-liberté.
Revenant sur cet incident dans le contexte de la crise globale et des leçons de l'Histoire, Alexandre Adler a publié une excellente chronique dans le Figaro du 4 octobre :
Social Fascime
"Dans l'accalmie qui sépare le grand cataclysme de Wall Street de ses conséquences macroéconomiques et politiques sur le reste du monde, il est possible de ménager un petit espace à la réflexion politique, un espace nécessairement angoissant. Certes, l'effondrement ne sera pas comparable à celui de 1929 sur le plan matériel. Mais il en va différemment du plan intellectuel où, pour le dire non sans une certaine emphase, sur le plan spirituel
En 1928, quelques mois avant le krach de Wall Street, l'Allemagne avait pour chancelier le débonnaire social-démocrate Hermann Müller, soutenu par les non moins débonnaires catholiques démocratiques et libéraux laïques. Le parti nazi, dont la tentative de prise de pouvoir en 1923 s'était soldée par une fin lamentable et même comique, oscillait entre 4 % et 6 % du corps électoral.
Trois ans plus tard, le même parti approchait des 40 %. Une telle progression cancéreuse avait pour cause essentielle, sinon unique, l'effondrement du système économique capitaliste géré par des formations démocratiques modérées.
Si l'ampleur du désastre, on l'espère de tout cœur, pourra être contenue, si même on peut s'attendre de la correction en cours une amélioration et une rationalisation du système, il n'empêche que nous sommes à la merci d'un accident économique sérieux, et nous aurons à faire à une poussée populiste et autoritaire de grande ampleur.
Bien entendu, avec un sens de la répétition historique qui s'est toujours démenti, les yeux se tournent vers ce qu'il reste du Front national. Pour ma part, scrutant l'horizon tous azimuts, je verrais plutôt le danger sur notre extrême gauche que sur notre extrême droite. Mais que le lecteur me permette ici un petit excursus par la Vienne de Robert Musil.
Le grand romancier autrichien qui commence à rédiger son chef-d'œuvre "L'homme sans qualités", à peu près au moment où le désastre allemand devient lisible, nous dépeint une mode particulièrement étrange dans la capitale de l'Autriche-Hongrie, en 1913. Toute la bonne société, intellectuels et artistes notamment, s'enthousiasme, en effet, pour un clochard qui a assassiné quelques prostituées dans le parc du Prater, du nom de Moosbrugger ; tout le monde le trouve étonnamment poétique et audacieux.
Musil nous parle de ce fait divers, parce que probablement le meurtrier Moosbrugger a dû partager sa couche, à l'asile de nuit, avec un autre clochard du nom d'Aldolf Hitler qui, lui, n'en restera pas aux prostituées de passage dans l'ambition destructrice. L'enthousiasme pour le petit assassin prépare, comme dans un pressentiment, l'émotion en faveur du grand criminel.
Quelque chose de semblable est en train de se passer en France aujourd'hui. Cela commence par la pâmoison active de certains artistes en faveur de tueurs en cavale, généralement italiens.
Puis on découvre, avec horreur, qu'un nombre, on hésite à dire, respectable de nos concitoyens, imaginent que le 11 septembre 2001 est le résultat d'un vaste complot dans lequel Ben Laden n'aura été, au mieux, qu'une marionnette manipulée.
Soyons clairs : on n'a pas besoin du nouveau torchon qui se réclame de l'excellent Siné pour comprendre que si complot il y a, ce ne peut être que le fait de l'establishment américain, et bien sûr de ses suppôts juifs, new-yorkais autant qu'israéliens.
C'est ce que disent généraux pakistanais et imams cairotes dès maintenant, c'est ce que brûlent de dire nos modernes sceptiques. Et voici que l'un des assassins de Georges Besse justifie son action et est admis au nouveau parti anticapitaliste du célèbre affranchi postal, Besancenot.
Dans la République de Weimar, la responsabilité principale de l'ascension de Hitler vient des élites conservatrices catholiques et protestantes : malgré la répulsion que leur inspirait le nazisme, de temps à autre, ces élites inconsolables de l'Empire de Guillaume II ne pouvaient s'empêcher de tenir les nazis pour des patriotes, certes un peu vulgaires et excités, et tenaient de la même manière les républicains modérés pour des acteurs illégitimes de la vie politique. Cette même baisse des défenses immunitaires existe aujourd'hui à gauche.
Certes, le Parti socialiste n'est pas sur les positions de l'extrême gauche sociale fasciste. Mais l'origine, très souvent trotskiste, parfois communisante de la grande majorité de ces élites lui a mis «un flic dans la tête» : comme le disait Jaurès à propos de Briand, rien n'est pire qu'un hilote dégrisé. Tant les dirigeants du Parti socialiste se donneront tort de leur effective modération, ils considéreront Besancenot et la théorie de petites brutes imbéciles qui font masse autour de lui comme des représentants plus purs et plus intègres des idées qu'ils défendaient dans leur jeunesse.
Si nous voulons éviter que la crise nous confronte bientôt à un parti social fasciste de masse, aux connotations manifestement antisémites, c'est au Parti socialiste, en première ligne, de réagir énergiquement. S'il parvient à le faire, il sera peut-être le parti hégémonique de l'après-crise. S'il manque à son devoir, l'explosion est à brève échéance."
14:54 Publié dans FM - EUROPA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


